Chez le chat, la maladie du cœur reste souvent silencieuse. Quand elle se révèle, il faut agir vite.
Je vous raconte la seconde chance de Big Heart, chaton atteint d’une cardiomyopathie hypertrophique. Sauvé de l’euthanasie, il vit désormais dans une famille d’accueil.
Big Heart, chaton atteint de cardiomyopathie hypertrophique, sauvé de l’euthanasie
Une fourrière qui menaçait la vie de Big Heart
Big Heart est un chaton blanc. Il souffre d’une cardiopathie congénitale. Son cœur est anormalement gros. Abandonné en fourrière, il était prévu pour l’euthanasie.
La directrice de Love Your Feral Felines l’a repéré à temps. Elle a obtenu l’autorisation de le sortir de la fourrière et a organisé sa prise en charge avec plusieurs bénévoles.
Le chaton devait ensuite être castré, malgré la fragilité de son cœur. L’intervention s’est bien passée. Il a ensuite été transporté en voiture pendant environ une heure jusqu’à sa famille d’accueil.
Une famille d’accueil adapte ses activités au quotidien
Heather T., membre de The 2 Pound Kitten Club, accueille désormais Big Heart. Elle veille à :
- offrir un cadre calme
- limiter les situations qui accélèrent son rythme cardiaque
- éviter les efforts qui le fatiguent
Cette autorégulation permet à Big Heart de garder une vie de chaton, sans efforts intenses. Heather T. observe son comportement. Elle interrompt les jeux dès qu’il montre des signes de fatigue.
Big Heart doit encore rester en famille d’accueil avant d’être adopté. La future famille devra connaître sa cardiopathie. Elle devra aussi respecter ses contrôles, ses traitements éventuels et ses limites physiques.
La cardiomyopathie hypertrophique épaissit le muscle cardiaque et gêne la circulation
Une paroi épaisse réduit le remplissage du cœur
La cardiomyopathie hypertrophique, ou CMH, épaissit anormalement le muscle cardiaque. Le plus souvent, c’est le ventricule gauche qui est touché. Cette cavité reçoit alors moins de sang entre deux contractions.
Un épaississement semblable peut aussi avoir une autre cause. L’hypertension artérielle, l’hyperthyroïdie ou certaines maladies du muscle cardiaque peuvent produire un aspect proche de celui d’une CMH primaire.
La pression peut monter dans l’oreillette gauche, située devant le ventricule gauche. Une oreillette dilatée signale une atteinte plus importante. Elle augmente aussi le risque de complications.
Des complications parfois soudaines
La maladie reste souvent silencieuse longtemps. Certains chats ont une hypertrophie visible à l’échographie. Pourtant, ils restent actifs, respirent normalement et mangent bien.
Quand le cœur ne fait plus bien circuler le sang, du liquide peut s’accumuler dans les poumons ou autour. Le chat respire vite et fait des efforts. Il peut aussi devenir très faible.
La dilatation de l’oreillette gauche favorise la formation d’un caillot. Ce caillot peut partir dans les artères. Il bloque alors brutalement le sang d’une patte arrière, d’un organe ou d’une autre partie du corps.
Diagnostic et signes d’urgence
L’échocardiographie est l’examen de référence.
Cette échographie du cœur mesure :
- l’épaisseur des parois
- la taille des cavités
- la fonction cardiaque
- la présence éventuelle d’une obstruction ou d’un caillot
Le vétérinaire peut compléter cet examen par :
- une radiographie du thorax
- un électrocardiogramme
- une mesure de la pression artérielle
- des analyses destinées à rechercher une cause secondaire
Attention : une respiration rapide ou difficile est un signal d’alerte. Il en va de même pour une respiration bouche ouverte, un malaise ou un effondrement. Une paralysie brutale des pattes arrière demande aussi une consultation vétérinaire immédiate.
Les stades et les soins dépendent de l’évolution cardiaque
Le stade B1 : surveillance plutôt que traitement
Le stade B1 désigne une cardiomyopathie visible. L’oreillette gauche est normale ou peu dilatée. Le risque de complication à court terme reste faible.
Ces chats reçoivent en général une surveillance régulière. Un traitement systématique n’est pas nécessaire. Un contrôle annuel permet de voir si l’oreillette gauche se dilate ou si d’autres signes apparaissent.
Le stade B2 : risque accru d’insuffisance et de caillot
Au stade B2, la maladie reste silencieuse. L’oreillette gauche est modérément ou fortement dilatée. Le risque d’insuffisance cardiaque ou de caillot augmente.
Si le risque de caillot est élevé, le vétérinaire peut prescrire du clopidogrel. Ce médicament limite l’agrégation des plaquettes. Il doit être donné strictement selon l’ordonnance.
Les traitements varient selon les complications
En cas d’insuffisance cardiaque aiguë, le chat peut avoir besoin d’oxygène. Un diurétique réduit le liquide accumulé. Une hospitalisation est parfois nécessaire. Un épanchement autour des poumons peut être ponctionné.
Le vétérinaire peut utiliser un diurétique, un antiagrégant plaquettaire ou d’autres médicaments cardiaques. Ne modifiez jamais une dose sans avis professionnel.
Le suivi à domicile
Au quotidien, vous pouvez noter :
- l’appétit
- le poids
- l’activité
- la fréquence respiratoire au repos
Pour mesurer cette fréquence respiratoire :
- Attendez que le chat dorme ou reste parfaitement calme.
- Comptez les mouvements du thorax pendant une minute.
Une fréquence inférieure à 30 mouvements par minute est en général rassurante. Une hausse durable, surtout au-delà de 30 à 35, justifie un appel au vétérinaire.
Après une insuffisance cardiaque, les réévaluations ont lieu tous les deux à quatre mois. Elles peuvent être plus rapprochées si l’état change.
L’évolution reste très variable. Certains chats peu atteints vivent longtemps avec une bonne qualité de vie. L’insuffisance cardiaque, les caillots, les troubles du rythme ou la mort subite assombrissent le pronostic.
Accueillir un chat atteint de cardiomyopathie hypertrophique demande de la constance. Avant de vous engager, vérifiez que vous pourrez tenir ses contrôles, ses traitements éventuels et ses limites physiques, sur la durée. Cette vigilance fait toute la différence pour lui.
Foire aux questions
La cardiomyopathie hypertrophique est-elle guérissable ?
Non, il n’existe pas de traitement qui fasse disparaître durablement l’épaississement du muscle cardiaque.
Les soins visent surtout à réduire les symptômes et les risques, comme l’insuffisance cardiaque ou les caillots. Un suivi régulier reste donc indispensable.
La maladie peut-elle toucher un chaton ?
Oui. La CMH concerne surtout les chats adultes, mais elle peut aussi être observée chez de jeunes animaux.
Face à une anomalie cardiaque chez un chaton, le vétérinaire doit rechercher une CMH et d’autres causes d’épaississement du cœur.
Une alimentation spéciale est-elle toujours nécessaire ?
Non. Une alimentation particulière ne remplace jamais le traitement de la CMH.
Le vétérinaire peut adapter la nourriture selon le poids, l’appétit, les reins et les médicaments. Tout changement se décide au cas par cas.
